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L'éducation, un projet de société?

  • Francis Bourgoin, VP Externe AÉÉSÉUM
  • Apr 15, 2015
  • 3 min read

Où vont les fonds de l'université? On voit ici les 2e, 3e et 4e étages du pavillon Léopold-Taillon, soit les endroits où se trouvent respectivement les bureaux du recteur, ceux des employés administratifs et les salles de classes des étudiants.

Dures furent les dernières semaines en tant qu’étudiant en éducation. Tout d’abord, tomba sur notre tête une première tuile le 1er avril dernier sous la forme de l’annonce du budget provincial. Sans aucun avertissement préalable, on nous annonça que 249 postes, en plus de nombreux fonds, seront coupés dans notre système d’éducation.


Puis, toujours ébranlés par cette nouvelle, une deuxième tuile vint nous tomber sur la tête : le dépôt d’un second budget, cette fois de la part de l’Université de Moncton. Bien sûr, plusieurs programmes furent touchés par les mesures d’économies en raison du gel du financement des universités, mais la Faculté des sciences de l’éducation fut à nouveau plus durement touchée que ses consœurs. La faculté du campus de Moncton a, en effet, subi une réduction de fond d’une valeur de près de 360 000 $, soit une diminution de ses fonds annuels de plus de 8 %. Fait à noter, la faculté se retrouvant au second rang au niveau des compressions budgétaires sur le campus de Moncton n’a subi une réduction que de 1,8 %. Nul n’est notre but de justifier ici des diminutions de fonds dans les autres facultés, mais le déséquilibre est tout simplement ridicule et complètement inacceptable.


Quel message nos dirigeants, tant gouvernementaux qu’universitaires, tentent-ils de nous envoyer par ces récentes compressions budgétaires dans le milieu clé qu’est l’éducation? Aurait-on en tant que société oubliée l’importance fondamentale de ce domaine? L’éducation des générations futures serait-elle désormais un enjeu de deuxième plan pour la société et ses dirigeants? De nos jours, nous prenons trop pour acquis ce domaine qui est en fait l’un des piliers de la société.


Les membres du gouvernement provincial, les supposées voix de la population néobrunswickoise, nous ont très bien montré que l’éducation était loin d’être l’une de leurs priorités, tant au niveau scolaire que postsecondaire. Comment peut-on s’attendre à offrir une éducation de qualité à nos enfants si l’on ne cesse de leur supprimer l’accès à toutes ressources pédagogiques? Comment peut-on s’attendre à ce que les enseignants parviennent à leur inculquer les valeurs de notre société s’ils doivent effectuer le travail de 3-4 autres professionnels à la fois?


Et dans le domaine de l’éducation postsecondaire, la situation est également loin d’être rose. Alors que certains de nos collègues de la Nouvelle-Écosse revendiquent fortement l’accès pour tous à l’éducation postsecondaire, au Nouveau-Brunswick on gèle le financement des universités. On cherche des moyens de conserver nos jeunes dans la province, mais des actions de la sorte poussent ces jeunes adultes à fuir vers les autres provinces, où l’éducation est bien plus abordable qu’ici. Où se trouve la vision de notre gouvernement pour le futur?


Sur la même lancée, nous avons finalement eu un petit signe de vie de la part du recteur de l’université au sujet du non-sens des frais de scolarité. Bien logé dans ses bureaux de marbres, celui-ci accepta finalement de faire front commun avec les associations étudiantes et professorales afin de dénoncer le sous-financement des universités. Certes, je ne contredis pas les faits, le sous-financement est bel et bien réel, mais on retrouve également à notre université un gros problème de gestion financière. Un milieu d’éducation devrait suivre une gestion basée en premier lieu sur le bien académique et ne devrait pas tenter de ressembler à une entreprise privée. Si M. Théberge veut réellement faire preuve de bonne foi, il devra cesser de couper sans cesse dans les ressources pédagogiques de ses étudiants


Comment peut-on s’attendre à former de bons professionnels si l’on coupe continuellement dans les ressources académiques de notre université? Des compressions de 360 000 $, pour une petite faculté comme la nôtre, c’est loin d’être de la petite bière. Nous formons, à la faculté des sciences de l’éducation, des personnes qui vont façonner le futur de notre société. Ne voudrions-nous pas qu’elles soient un peu compétentes? Ne voudrions-nous pas que nos futurs enfants reçoivent une éducation optimale dans le milieu scolaire?


Les coupures dans ces deux secteurs affecteront bien plus la société future que ce que l’on peut s’imaginer. Retirons le bandeau que l’on nous place sur les yeux depuis si longtemps. Affirmons-nous haut et fort ensemble contre ce non-sens. Il est temps que nous, chers membres de la communauté étudiante et de la société en général, cessions de nous enfouir la tête dans le sable afin d’éviter la situation. Il est temps que nous passions à des actions concrètes afin de sauver la situation. Rien ne sert de réparer l’économie actuelle si l’on détruit en même temps le futur de la société à coup de masse. Cessons de regarder vers l’arrière et concevons, en tant que société, une vision à long terme qui nous permettra d’assurer un futur prospère.

 
 
 
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